Julien, jesuisunautoentrepreneur.com : bonjour Caroline, pouvez-vous vous présenter ?
Caroline: bonjour Julien ! Je suis Caroline, 28 ans, auto-entrepreneur depuis un mois maintenant, créatrice de la boutique en ligne dazahid.com et maman de deux enfants en bas-âge.
Pouvez-vous nous présenter votre projet d’auto-entrepreneur ? Il s’agit de la mise en ligne d’une boutique de cadeaux, de coffrets et d’articles sur-mesure à destination de la communauté musulmane. Je déniche, j’imagine et je crée des produits qui répondent aux besoins spécifiques de cette clientèle, notamment pour les fêtes qui ponctuent la vie des croyants musulmans mais aussi pour les devoirs importants que ceux-ci se doivent d’honorer dans la vie de tous les jours, comme l’éducation de leurs enfants. Le projet vise donc à répondre à un besoin de produits spécifiques et à un calendrier des fêtes particulier : les opérations commerciales et catalogues dédiés au moment de Noël ou à la Saint Valentin sont très largement répandus… les deux aïds du calendrier islamique, le mois de ramadan, les fêtes spécifiquement liées une naissance, à un mariage musulman font moins l’objet de campagnes publicitaires. Hormis le circuit de l’agro-alimentaire dit « halal », le créneau portant sur les besoins spécifiques des musulmans européens ou vivant en Europe n’est pas investi comme il le faudrait et mon projet répond tout simplement à cela.
Exercez-vous à coté une autre activité ? Oui. Depuis 2008, je m’occupe de la communication pour une plateforme d’échange et de réflexion autour de la finance islamique avec l’objectif de promouvoir une nouvelle finance éthiquement responsable, de rechercher des solutions alternatives aux crédits bancaires conventionnels (à intérêts) ainsi que des solutions d’épargne, d’investissement et de financements accessibles au plus grand nombre.
Dans votre « fiche d’identité » sur jesuisunautoentrepreneur.com, vous indiquez l’adresse de votre blog. S’agit-il de la version finale de votre site ? Le blog se focalise dans un premier temps sur la création d’entreprise, en faisant office de carnet de bord. Cependant, son principal objectif reste de devenir un outil de communication souple pour développer certaines activités, tester de nouvelles idées, rencontrer de nouveaux clients ou attirer plus facilement des clients potentiels. La boutique devrait être lancée mi-mai (pour l’instant c’est une page de teasing) : http://dazahid.com.
Un emploi, un projet d’auto-entrepreneur, deux enfants… J’imagine que vous avez au moins un conseil à nous donner pour optimiser la gestion des taches à accomplir ? C’est à chacun de trouver son rythme mais je pense que tout repose sur l’organisation et la rigueur. Je suis friande des blogs et livres du style GTD (Getting Things Done) : même si toutes les méthodes ne sont pas applicables par tout le monde, cela donne des idées et motive au jour le jour pour optimiser son temps de travail. Évidemment, comme mon activité associative se fait à domicile la plupart du temps, j’ai l’avantage d’être entièrement libre pour organiser mon emploi du temps et répartir mes tâches dans la journée. En tous les cas, je commence ma journée à l’aube par les impératifs ménagers et je m’arrange pour préparer les repas de la journée en visionnant la rediffusion de « C dans l’air » pour être au fait des actualités du moment… une fois cela accompli, mon rôle de maman commence, entrecoupé de plages plus ou moins longues consacrées au travail.
Est-ce la 1ère fois que vous vous lancez à votre compte ? Oui, il s’agit de mon premier projet personnel mais j’ai encore d’autres ressources et d’autres idées dans ma besace (sourire).
Est-ce le statut d’auto-entrepreneur qui vous a décidé à vous lancer ? Oui, mais pas uniquement. Il constitue l’« un » des éléments déclencheurs, parmi d’autres. Je dirais plutôt que cette décision est issue de la convergence d’un moment opportun dans ma vie familiale, la tendance actuelle au réseautage par blogs et réseaux sociaux interposés ajoutés au lancement du statut d’auto-entrepreneur en janvier 2009 qui ont permis de me construire un parcours professionnel sur-mesure aussi rapidement. Et pour revenir sur le point précis du réseautage : en tant qu’auto-entrepreneur, on peut avoir peur de la solitude et ce qui m’a vraiment décidée c’est de sentir que je disposais d’un réseau suffisant de connaissances et de personnes compétentes (linkedin, Viadéo, Facebook, Twitter, etc.) pour échanger, me conseiller, m’entourer et partager de bonnes pratiques avant la création, au moment du lancement mais aussi dans la délicate période post création. De façon générale, l’activation de son réseau de connaissances diverses souvent dormant (amies et connaissances de l’université, ex-collègues, autres femmes et hommes créateurs, etc.) permet d’échanger de bons tuyaux, de se sentir soutenu(e), d’apprendre plus rapidement de ceux qui sont passés par les mêmes étapes, de résoudre -parfois en un seul mail- certains questionnements pesants pour le créateur : positionnement, stratégie d’entreprise, communication, visibilité, etc.
Allez vous faire de la vente en ligne sur votre site ou va-t-il juste servir de vitrines pour des produits vendus dans le commerce traditionnel ? Oui, il s’agit d’une boutique en ligne dont certains produits seront également disponibles dans les commerces classiques.
Allez-vous limiter vos ventes au sol Français ou au contraire vous n’allez pas vous fixer de limites territoriales ? Je ne m’impose aucune limite à long-terme. Simplement, pour le moment, je préfère cantonner mon activité aux pays européens francophones en attendant mesurer précisément les contraintes techniques (expédition, transport, retour de marchandises, etc.).
En cas de réussite, allez-vous pérenniser votre activité en créant une société ? Oui, je l’espère. Je crois sincèrement que l’auto-entrepreneuriat sert de tremplin mais que justement, cela se limite à cette fonction. La facilité avec laquelle on créé son entreprise est à la fois encourageante et déroutante pour peu que l’on ait mal préparé son projet. On oublie souvent de parler du travail en amont de ce projet. J’insisterais là-dessus : un travail de préparation de longue haleine qui doit, selon ma modeste expérience, servir à « rendre mâture » le projet. On ne peut pas partir d’une simple idée un soir d’« inspiration créatrice » et se déclarer auto-entrepreneur le lendemain. Il faut être serein lors du lancement puis du pilotage de son projet et cette sérénité s’acquiert, selon moi, par un travail minutieux et soigné en amont.
Au niveau des achats, au détour d’une actualité, on peut lire que l’auto-entrepreneur ne peut encore bénéficier d’un numéro de TVA intra-communautaire. N’est-ce pas un frein pour vous ? Arrivez-vous à trouver tous vos produits en France ? Oui, pour le moment tous les fournisseurs et tous les créateurs de « Dites-le avec Zahid » sont français. Évidemment, il s’agit d’expliquer dans chaque mail de prise de contact avec un fournisseur les spécifités liées au statut d’auto-entrepreneur. Cela concerne le numéro de TVA intra-communautaire mais aussi la franchise de TVA (le fait qu’on achète donc tous nos produits TTC), ou encore le fait que notre raison sociale est constituée de nos nom et prénom tout simplement. Cela devient presque une « formalité ».
Un petit conseil à donner à ceux qui hésitent encore ? Oui… foncez ! Les maître-mots sont : préparation et confiance en soi. Vous vous sentez profondément fait pour travailler à votre compte ? Vous avez un concept, pas forcément révolutionnaire mais qui a du potentiel ? L’auto-entrepreneuriat est fait pour vous : c’est un outil formidable pour se lancer après avoir formalisé son idée de manière détaillée.
En résumé
Nom: Caroline OM
Profession: Responsable communication pour l’Association d’Innovation pour le Développement économique et Immobilier (Aidimm)
Domaine d'intervention: E-commerce
Site Web: http://www.dazahid.com/blog/
[...] c’est Julien, le fondateur du site jesuisunautoentrepreneur.com, qui nous fait le plaisir de publier notre interview où nous abordons notamment les petits [...]
[...] l’ai suggéré à deux reprises (dans l’interview parue sur Al-Kanz et dans celle parue sur jesuisunautoentrepreneur) : il est nécessaire de choisir les bonnes personnes et les professionnels adéquats pour certains [...]
[...] en parle aussi ICI et Là macha [...]